Tract d'action poétique Numéro 16 Mai 2003 (extraits) "il y a toujours un merleau chef du cerisier sous le ventre de la foudre et des misères d'été" Pascal Rebetez Le temps des cerises Journaliste républicain, mis en prison pour ses écrits, Jean-Baptiste Clément est libéré le 4 septembre 1870. Elu à la Commune de Paris, il se bat sur les barricades de 1871 contre la réaction versaillaise et écrit depuis sa cachette, dans Paris fusillé, un des textes les plus forts que l'on écrivit sur la Commune : "La Semaine Sanglante" . Mais c'est surtout pour la chanson "Le Temps des Cerises" qu'il sera connu des générations suivantes. Ecrite avant la Commune de Paris, en 1866, dédicacée après la Commune à "la vaillante citoyenne Louise l'ambulancière de la rue Fontaine au Roi, le dimanche 28 mai 1871" cette sentimentale, cette très belle chanson d'amour a toujours depuis cette date et encore aujourd'hui, été emblématique du formidable courage et des généreuses et visionnaires utopies des Communards. Elle est chargée de tout l'amour, de tout le romantisme révolutionnaire, de toute l'espérance maintenue qu'à travers et au-delà des injustices sociales, des guerres, des répressions sanglantes, ici et là, aujourd'hui et demain, des barricades s'érigent, des communes se dressent pour, de l'ombre vers la lumière, de l'obscurantisme vers l'émancipation, permettre à des pans entiers de l'humanité, puis à tous les peuples du monde d'instaurer un jour, un définitif et perpétuel TEMPS DES CERISES . De ceux dont l'intelligence refuse d'être serve et les mains mercenaires, de celles qui refusent de repriser les jupons troués de la résignation, qui n'a pas eu un jour les yeux trop grands pour l'horizon borné de son quotidien, l'envie puissante - de celle qui vous soulève - de donner de la couleur aux jours blêmes. "...quand nous en serons au temps des cerisesEt gai rossignol et merle moqueurSeront tous en fête..." Qui n'a pas un jour, chutant de son rêve, rattrapé par la réalité d'une histoire sanglante, été envahi par le fleuve en crue d'une poignante tristesse, d'une nostalgie de "paradis perdus" , d'une faim de paradis possible , par la volonté farouche de lutter contre l'hydre noir de l'injustice et du mensonge qui le nourrit, par des folles colères, des révoltes barricadières, car : "...il est bien court le temps des cerisesOù l'on s'en va deux cueillir en rêvantDes pendants d'oreilles,Cerises d'amour aux robes pareillesTombant sous la feuille en gouttes de sang..." La "semaine sanglante", 30.000 morts, au Faubourg du Temple, à Belleville, au Père Lachaise, à Montmartre, au Bois de Boulogne, à la Butte aux Cailles, partout la fusillade sans jugement, hommes, femmes, enfants fauchés par vagues, à la mitrailleuse lourde lorsqu'ils étaient trop nombreux. La réaction, Versailles et l'Eglise prenaient leur revanche, une revanche à la hauteur de leur peur, terrible. 30.000 morts, la Seine était rouge, puis les cours martiales à plein régime pendant des années, 10.000 condamnations, emprisonnements et déportation aux bagnes, à Brest, à Cayenne, à la Nouvelle Calédonie, 3000 condamnations à mort par contumace... "...C'est de ce temps-là que je garde au coeurUne plaie ouverte..." Car ceux-là sont ma famille, mes amis, mes camarades, comme le sont tous le réprouvés, les révoltés, les combattants de la "liberté libre" , ceux qui luttent sans compter pour "changer le monde" , "changer la vie" , ces deux mots d'ordre dont les surréalistes historiques disaient que pour eux ils n'en font qu'un. Ceux-là sont les miens qui cherchent l'or du temps, ceux-là sont les miens poètes qui n'ont pas d'armes que l'arme de leurs mots, l'incandescence de leur pensée, mais ils font feu sur la guerre et son cortège d'horreur. Ceux-là sont les miens - à part quelques satrapes - avec qui j'étais en mai 1971, 100 ans après, pour rendre hommage à la Commune de Paris, au cimetière du Père Lachaise face au mur des fédérés où tant et tant se sont abattus en crian t "Vive la Commune, Vive la Sociale" et en sachant qu'un jour, sur leurs vies fauchées, moissonnées, à nouveau ....... Salut et Fraternité Yann Orveillon autres textes: la cerise ou la crise(pascal Rebetez) Why?(jean-Pierre Carrons) Dans les vergers de Chambacal(Jean-Paul Kermarrec) Quand frappe...(RV Mesdon) Le surréalisme à l'encan...On n'entrave pas le vent! et aussi Edouard Jaguer: le mystère du monde dans la robe du jaguar(Yann Orveillon) Michel Camus(Emilienne Kerhoas) Ce qui s'écrit par la guerre( Uzeyir Lokman Cayci: traduit du turc) découverte de Y.M Bouillon Abonnez-vous-->
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