19 lettres brèves à Nora Nord 19 lettres brèves à Nora Nord est un long poème d'amour où le poète brûlé par le Sud, par son absence terrible supplie d'être "enterré dans son nom". Le Sud prend le visage d'une femme : Nora ? Les trois premières lettres du prénom arriment symboliquement l'être aimée au poète, qui, lui, est dans le Nord. Si l'espace sépare tragiquement les amants, le poète terriblement scellé à la femme aimée (le titre en est une preuve !) ne parvient pas à la quitter. Nora Nord devient paysage éclaté où solitude et souffrance sont attisées par les images grandioses d'un lieu nourri de réminiscences et de désir. Cependant rien ne permet de combler le manque absolu. Le poète évoque Nora dans une langue faste, le registre des images quitte l'Occident, les frontières brûlent, mais rien ne lui permet de transcender la rupture. Je suis dans un grand cimetière d'éléphants qui ont la couleur de mes famines Impuissant à briser l'exil même au moyen d'une poésie puissante, le poète choisit l'anéantissement, la mort : Ne tourmentez pas je vous prie Ne tourmentez pas la nuit pour qu'elle vous dise Sur quelle falaise j'efface mes traces ... elle ne saurait rien répondre. Le corps du poète "chaud encore, diminue, devient invisible", la douleur, paroxystique, devient ambigument ultime jouissance où le poète rejoint la FEMME, l'origine, et la mort, n'écrivait-il pas dans la première page : "J'ai hanté son sexe cercueil et caverne où naître et mourir étaient une même jouissance" Le poète n'est pas de ceux qui abdiquent, qui renoncent, rien n'infléchit son désir d'être à jamais en la femme aimée. Ce long poème heurte avec violence l'absence pour l'abjurer et la vaincre, les cris du poète résonnent en nous longtemps aprèms avoir refermé le livre. Cris pour rompre la perte, cris jaillissant d'une Bouche rouge de fruits écrasés violemment orifice d'un palais obscur, secret toujours invoqué... Marie-Christine MASSET
Scrutateur Chaque adieu abrège la terre. Il est une mémoire où le temps est perdant Scrutateur ! c'est au coeur que l'instant s'écrit. L'amour ne festoie qu'en outrepassant ses droits, et si le massacre s'inscrit en tour d'ivoire, le monde qui luit à la lueur des flambeaux dessine d'autres rives. L'or sauvage du rêve anime un univers qui s'honore au miroir de l'homme. Renversé le pouvoir des dieux : l'absence est ce Lieu où tu vis encore, et mon tourment n'est qu'un mirage, heurté par le mot, ouvert à la grace. Claudine HELFT (Le Monopole de Dieu)
Une trace d'André Laude Ce que je connais d'André Laude sont les deux textes "Shalom Salam" et "Communistes" publiés dans le dernier numéro de Hors-Jeu. Ces deux textes semblent résumer une vie. Le premier parle d'un monde à inventer, le second s'obstine à ne croire en rien. Comme si ces deux textes apparemment opposés traçaient le point de départ d'une espérance de jeunesse, et le point d'arrivée d'un désenchantement après un long parcours. Et pourtant, le deuxième me paraît moins désespéré que le premier. Le premier texte rêve d'un monde idéal, de paix, le monde d'Israël construit au-delà d'une triste réalité, celle des "épouvantables corps à corps". Ce texte est le constant d'une horreur et ne propose qu'un "au-dela" auquel il est peut-être difficile de croire. Le deuxième texte, bien au contraire, refuse de croire en un mirage. Et, malgré une lassitude clairement exprimée, il est un texte de résistance qui s'abreuve à une fécondité retrouvée : celle de "la fleur maigre, la carpe et le roseau." Je le ressens comme une retrouvaille du bonheur grâce à la poésie des petites choses, une réconciliation avec les timides raisons de croite que sont les beautés discrètes des vies sans importance. La nostalgie du communisme est peut-être celle de l'illusion. Mais cette nostalgie, grâce à la poésie dans laquelle elle s'exprime, semble être source de rencontre : la guerre et la bétise sont trop ambitieuses dans leur programme de destruction pour mettre en danger l'essentiel : la carpe muette ou la fleur maigre. Voilà ce qu'il me paraît : le premier texte est une réaction au désespoir, le second un apaisement grâce à un espoir retrouvé. Jean-Luc COUDRAY
Pour André Laude Comme un ultime clin d'oeil A la face du Destin Tu as fermé les tiens Sans crier Au Secours aux riverains de la nuit bleue... L'indicible lui, s'est déchiré sûrement En ce jour où l'on célèbre Un bien certain Précurseur, Le bon Saint-Jean Baptiste... Il est vrai que ton nom résonne comme ces louanges que fredonnent forcément les anges làa-bas plus loin que le soleil... Pardonne-moi de te nommer ici Dédé comme seulement se le permettait notre vieux pote Xavier Tu ne m'en voudras pas hein ? Si j'ai pris tes mots en chemin, Un peu comme toi A la Face du Destin ? Thierry QUIVY 7 octobre 1995
Couverture du numéro 13 de la Revue ALBATROZ : 24 juin 1995 "André Laude est vivant" Elle constitue la 1/166 partie du tryptique peint par Benoit Tranchant et Miguel Amate le 22 juin 1995 au stand d'Albatroz du 13ème Marché de la poésie Place St Sulpice à Paris
Extraits de ses oeuvres page souvenirHOMMAGES A ANDRE LAUDE
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