Tract d'action poétique Numéro 27 (octobre 2009) ( extraits) "Vous avez dit violence ? ... " Depuis le début des temps historiques, lorsque les groupes et tribus se sont formés, structurés et sont passés progressivement, par développement naturel et cooptations, au statut de mini-sociétés, puis de nations, cela eut comme corollaire la naissance et la permanence de la violence. Dès le moment où ces sociétés puis ces nations eurent et thésaurisèrent plus de biens, de nourriture et de territoires qu’il était nécessaire à leur simple survie, ils durent pour maintenir ces situations et leurs avantages, pratiquer la violence et créer des troupes et armées pour l’appliquer. Parallèlement ils inventèrent et pratiquèrent un discours justifiant leurs possessions, leurs dominations, leurs méthodes. La violence historique était née ! Rien, jamais depuis, tout au long de l’histoire ne s’est fait sans violence et justification de la violence. Bien sûr il est arrivé parfois des périodes de temps plus ou moins longs ou la violence semble ne pas s’exprimer ouvertement avec son cortège de crimes, de malheurs, sa mort planifiée. Si cela arrive c’est que pour un temps s’est établi et a prévalu une espèce d’équilibre artificiel ou le plus petit nombre des possédants, celui qui tient en main le destin des peuples, et a la maîtrise de tous les moyens de coercitions possibles : état, argent, banques, médias, armées, polices, églises, pour y parvenir, a réussi à maintenir sa domination sur les rapports sociaux et historiques. Quand les possédants et nations dominatrices, croulants sous le poids de leurs propres contradictions et moyens de production et systèmes y sont contraints; quand ils ne peuvent plus assurer aux “citoyens/esclaves” leur existence de ”citoyens/esclaves”, ils ont alors recours à toutes les formes de violence pour y parvenir, jusqu’à la guerre ouverte si nécessaire. Le Mahatma Gandhi et Martin Luther King, apôtres de la non violence, sont morts assassinés. Et ce sont ceux-là même, qui en permanence, et tout particulièrement depuis le début de la crise mondiale crient, hurlent et discourent sur le refus des dépossédés de se laisser faire, sur leur résistance aux plans ourdis contre eux, qui les accusent de violence, c’est un comble. Lorsque les étudiantes et étudiants sont parfois obligés de se prostituer pour payer leurs études, où est la violence ? Lorsque des femmes indiennes ou sud-américaines vendent un de leurs organes pour pouvoir faire vivre leur famille, où est la violence ? Lorsque des millions d’êtres humains aux Indes encore souffrent horriblement du statut d’intouchables et que même se laisser effleurer par leur ombre est considéré comme une souillure, où est la violence ? Losque des nord-américains, par millions, sans protection sociale et droit à la santé se retrouvent en plus expulsés de leur maison, où est la violence ? Lorsque des parents vendent un de leurs enfants thaï ou cambodgien pour la prostitution enfantine dans le but de faire vivre le reste de la famille, où est la violence ? Lorsque des millions d’hommes, de femmes, d’enfants dans le monde, démunis de tout vivent dans les bouches de métro, se nourrissent dans les poubelles, où est la violence ? Lorsque des ouvriers arrivent le lundi matin au travail pour constater que les ateliers et bureaux sont vides parce que toutes les machines et moyens de production ont été déménagés sauvagement et clandestinement pendant le week-end, où est la violence ? Lorsqu’il est demandé de plus en plus fréquemment aux salariés de produire toujours plus pour de moins en moins de salaire et de garanties, où est la violence ? Des sociétés et des patrons vont jusqu’à demander à leurs salariés de travailler gratuitement – toujours bien sûr au prétexte de sauver l’entreprise – la prochaine et ultime étape serait de demander aux gens de payer pour travailler. Alors, où est la violence ? Dans le Germinal d’Emile Zola les mineurs et leurs familles qui manifestaient sur le carreau de la mine en brandissant les attributs d’un patron de choc au bout d’une pique, étaient-ils violents ? Ou répondaient-ils à la violence des maîtres de forge et patrons de charbonnages qui les faisaient mourir de silicose dans les puits de mine et de misère dans les corons ? Les coffres des banques suisses et des paradis fiscaux sont pleins d’or, de diamants et de monnaies fortes, à en péter les jointures. Alors, où est la violence ? Les banquiers, agioteurs boursiers et leurs traders, qui ont précipité le monde dans la crise et le marasme, continuent à se voter des primes exorbitantes, alors même qu’ils ont été sauvés par les impôts des nations concernées. Des milliards de dollars, de livres, d’euros pour les uns, les licenciements et expulsions pour les autres... Où est la violence ? .../... à suivre autres textes: - Et cette violence si mâleureuse (Marie-lise Martins-Le Corre), - La machine à réduire (Lukas Stella) - les dents de loup ( Jean-Marc Lafrénière) - la taxe carbone, cette violence qui nous est faite (Isabelle Mély) - Antarctique et le propithèque soyeux (Anne Jullien Perhouas) mais aussi d'autre vues sur la violence et des infos
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